Menu

D’une Scolarité Arrêtée En Troisième À La Préparation D’un Master 2 Dans Le Voyage D’affaires

Roméo Pereira - D’une scolarité arrêtée en troisième à la préparation d’un Master 2 dans le voyage d’affaires

Roméo Pereira - 38 ans - Chatou (78)
Strategic Corporate Partnership (American Express) - Préparation d’une Validation des Acquis de l'Expérience

Au départ, les cartes que Roméo avait entre ses mains n’étaient pas à son avantage, mais il a su retourner la situation...

Une arrivée en France à l’âge de 13 ans

Comme mon nom l’indique, je suis originaire du Portugal. Je suis arrivé en France avec ma mère et ma sœur à l’âge de 13 ans dans un contexte familial tendu. À part les mots « pain » et « maison » je ne parlais pas un mot de français. Alors quand est arrivé le moment de la rentrée scolaire, au lieu d’intégrer une classe de troisième j’ai intégré une classe de sixième… ce qui était normal vu la situation… Tant bien que mal je suis arrivé jusqu’en troisième où j’ai décidé d’arrêter les cours. J’aurais pu bifurquer vers un CAP mais ça ne me disait rien, et puis j’avais envie d’aider ma mère financièrement alors je me suis mis à chercher du travail.

Tant bien que mal je suis arrivé jusqu’en troisième où j’ai décidé d’arrêter les cours (...) j’avais envie d’aider ma mère financièrement alors je me suis mis à chercher du travail.

À 18 ans sur le marché du travail sans diplôme #MêmePasPeur !

Il fallait donc que je prenne les choses en main. Un jour je me suis présenté dans un fast-food où j’avais mes habitudes (Quick de Rueil-Malmaison). Cette fois-ci je n’y allais pas pour y acheter un hamburger mais pour y décrocher un job. J’y suis allé au culot, sans CV. Je me suis présenté au Manager du restaurant et je lui ai dit que je cherchais du travail. Il a pris mon numéro de téléphone et m’a dit qu’on me rappellerait. Quelques minutes plus tard, pendant que j’attendais le bus pour rentrer chez moi, un employé du restaurant est venu me voir en me disant que le Directeur voulait me rencontrer maintenant. J’ai vu le Directeur, il m’a demandé mes disponibilités et j’ai commencé à travailler le soir même.

Tout s’est très bien passé chez Quick. J’y ai eu une évolution très rapide et malgré ce qu’on pensait de moi au collège, j’ai toujours su que j’étais quelqu’un de volontaire et de bosseur. Chez Quick j’ai gravi quasiment tous les échelons. En un peu plus de 4 ans de bons et loyaux services j’ai été tour à tour Équipier, Chef de rang, Chef d’équipe, Assistant Manager, Manager et Premier Manager.

(...) malgré ce qu’on pensait de moi au collège, j’ai toujours su que j’étais quelqu’un de volontaire et de bosseur.

Saisir la balle au bond

Chez Quick j’ai vécu de très bons moments mais le métier était très prenant. Et malgré l’évolution assurée vers un poste de Directeur de restaurant, je voulais retrouver mes week-ends et mes soirées... Honnêtement il était peu probable pour moi de changer de métier compte tenu de mon niveau d’étude, mais un jour j’ai eu une opportunité. Mon meilleur ami travaillait chez American Express. Il faisait partie de l’équipe de foot de la société et tous les lundis soir il disputait un match de championnat d’entreprise. Un jour il manquait un joueur et il m’a demandé de venir compléter l’équipe. Comme je ne travaillais pas ce jour-là j’y suis allé. Le match s’est bien passé, et du fait que je ne me débrouille pas trop mal on m’a demandé de venir plus souvent. Dans un premier temps j’ai refusé parce que mon emploi du temps chez Quick ne me permettait pas d’assister régulièrement aux matches. Puis le capitaine de l’équipe a insisté. Il voulait absolument que je fasse partie de l’équipe et était prêt à me coopter pour que j’intègre le personnel d’American Express et ainsi être disponible les lundis soir. Il a alors promis de me contacter dès lors qu’un poste se libérerait. Ayant sa parole, et après mûre réflexion, peu de temps après je démissionnais de chez Quick

Chose promise chose due

Il était hors de question que je passe mes journées à ne rien faire et à attendre qu’American Express me contacte. En attendant j’ai donc décroché un job et j’ai travaillé dans un hôtel 4 étoiles (Best Western). J’y ai commencé en tant que bagagiste et au bout de 3 semaines un poste de réceptionniste s’est libéré et on me l’a proposé. Ça a été une très belle expérience qui m’a poussé à apprendre les bases de l’anglais. Pour mieux communiquer avec la clientèle internationale je n’avais pas d’autre choix que de parler anglais… Je me suis accroché et j’ai appris l’anglais en autodidacte.

Au bout de 6 mois je reçois un coup de fil pour intégrer American Express. Le capitaine de l'équipe de foot avait tenu sa promesse...

D’abord je commence par une mission d’intérim de 6 mois au Service Clientèle puis j’enchaîne par un CDD de 6 mois dans un service un peu plus axé sur la vente des produits et des services de la société. C’est d’ailleurs à l’occasion de ce CDD que j’ai pu acquérir les bases de la vente… À la fin du CDD on me propose un CDI dans un nouveau département dédié au contrôle de la qualité de service. J’avais pour mission d’enregistrer les appels des Conseillers Clientèles, d’écouter les enregistrements, et de délivrer une formation aux collaborateurs en ayant besoin.

Pour mieux communiquer avec la clientèle internationale je n’avais pas d’autre choix que de parler anglais… Je me suis accroché et j’ai appris l’anglais en autodidacte.

Toujours donner son maximum

Au moment où j’ai voulu changer de service pour un poste où le diplôme demandé était un Bac+2, j’ai eu une fin de non-recevoir en raison de mon niveau d’étude. Suite à ça, un ancien coéquipier de l’équipe de foot d’American Express, qui connaissait la personne en charge du recrutement, a fait du forcing pour que je sois reçu en entretien. On lui a dit « d’accord mais je vais le recevoir par courtoisie car quoi qu’il en soit il n’a pas le profil… »

J’avais 15 jours pour préparer l’entretien et il fallait que je compense mon manque de diplôme par autre chose. Le poste auquel j’aspirais, Implementation Manager, consistait à épauler administrativement les Commerciaux BtoB dans le cadre de la signature de nouveaux contrats. J’ai alors interrogé les collaborateurs du service pour faire un état des lieux de la situation et connaître les besoins. J’ai passé des heures sur internet et sur Microsoft Office à apprendre des trucs et astuces pour préparer l’entretien…

Quand l’heure du face à face est arrivée, je ne me suis pas présenté avec mon CV mais avec une clé USB qui contenait des solutions pour répondre aux besoins du service. Il y avait 6 mois de retard dans les dossiers à traiter. J’ai proposé des outils de suivi qui n’existaient pas et qui permettaient de mettre en évidence le manque à gagner dû au retard accumulé. On pouvait voir que tel dossier en retard représentait X centaines de milliers d’Euros de pertes et que ces pertes pouvaient potentiellement aller à la concurrence…

Finalement j’ai eu le poste ! Ça n'a pas été facile mais encore une fois j’y suis allé au culot et comme on dit, « qui ne tente rien n’a rien ! »

Qui ne tente rien n’a rien !

Une progression constante

Les résultats obtenus en tant qu’Implementation Manager m’ont ouvert la porte vers de nouvelles responsabilités et plusieurs promotions. Aujourd’hui j’occupe le poste de Strategic Corporate Partnership en BtoB. Je gère un portefeuille de six réseaux d’agences de voyage avec lesquelles je noue des partenariats. J’anime la force de vente. J’effectue des déplacements en France et à l’étranger pour promouvoir et renforcer la valeur de la marque American Express auprès de nos partenaires.

Un nouveau défi en perspective

Manquer de diplôme et avoir un parcours atypique peut être un frein comme un accélérateur. Dans mon cas c’est ce qui me pousse à me dépasser. Consciemment ou inconsciemment, j'ai à coeur de démontrer que je suis aussi efficace qu'un collaborateur diplômé au parcours conventionnel... Il n’empêche que je me suis lancé un nouveau défi. Je me suis lancé dans une Validation des Acquis de l'Expérience (VAE). Mon dossier a été validé par l’école ESCAET et je devrais être diplômé d’un Master 2 spécialisé dans la Gestion du Voyage d’Affaires d'ici la fin de l'année.

Il y a plusieurs raisons à ce nouveau défi. Tout d’abord, je souhaite valoriser les efforts et les sacrifices effectués pendant toutes ces années. Ensuite, cela va m’ouvrir plus de portes. Et enfin, il faut avouer que l’aspect financier joue aussi. À chaque promotion ou augmentation de salaire, le manque de diplôme fragilise ma négociation salariale et je souhaite remédier à cela.

Consciemment ou inconsciemment, j'ai à coeur de démontrer que je suis aussi efficace qu'un collaborateur diplômé au parcours conventionnel...

Le conseil de Roméo

Avoir soif de connaissance et apprendre de ses erreurs parce que c’est comme ça qu’on s’améliore. Il est aussi important de se fixer des objectifs et de déterminer ce que l’on veut, et surtout de ne jamais lâcher ses rêves. Un rêve c’est comme un moteur, c’est ce qui nous pousse à aller de l’avant et nous aide à ne pas baisser les bras. Dernier conseil : la musique et les séries TV aident beaucoup pour l’apprentissage d’une nouvelle langue. Dans mon cas, Jean-Jacques Goldman a été un très bon professeur de français, et Chandler Bing un très bon professeur d’anglais…

(...) ne jamais lâcher ses rêves. Un rêve c’est comme un moteur, c’est ce qui nous pousse à aller de l’avant et nous aide à ne pas baisser les bras.

Propos recueillis par Guy Grosset

contact@kairosjobs.fr

Pour contacter Roméo vous pouvez passer par LinkedIn → Roméo Pereira




Connexion Poster un commentaire

Commentaires (0)

Aucun commentaire