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Développer Kairos Jobs, un chemin éprouvant mais ô combien enrichissant

Développer Kairos Jobs, un chemin éprouvant mais riche en apprentissage

Depuis un certain temps je suis assez discret tant sur les réseaux sociaux que sur le blog de Kairos Jobs. Je me suis dit qu'il serait intéressant de partager avec vous quelques éléments vous expliquant le pourquoi du comment...

Tout d'abord revenons quelques temps en arrière. En mai 2016 je couche sur papier une idée visant à mettre en avant toutes celles et ceux au parcours hors norme qui ne se retrouvent pas dans les sites de recherche d'emploi traditionnels : un site de recherche d'emploi pour profils atypiques... Puis la vie reprend son cours et je passe à autre chose... Mais un an plus tard cette idée frappe à nouveau à la porte et je me dis que ça peut être intéressant (socialement, humainement, économiquement parlant) d'aller plus loin dans la réflexion.

Pour nommer le concept, je pense d'abord à « A-Jobs », le « A » faisant référence aux autodidactes. Mais ce nom limite l'impact et la portée du concept. Je me souviens alors du livre de Charles Pépin (Les vertus de l'échec) qui traite des effets positifs de ce qui est nommé « échec ». Charles Pépin aborde également la notion de « Kairos ». Ce terme, qui fait référence au dieu grec du même nom, désigne le fait de saisir une opportunité quand elle se présente. Le Kairos fait écho en moi. De mon expérience et de celles des profils atypiques (autodidactes, reconversions professionnelles, « accidents » de parcours...) que j'ai pu rencontrer tout au long de mon parcours il en ressort un point commun : saisir les opportunités. A-Jobs devient alors Kairos Jobs...

Pour remettre les choses dans leur contexte, en mai 2017 cela fait 5 mois que ma femme, notre fils et moi habitons au Portugal dans la région de Lisbonne. Au moment de notre départ, nous ne parlons pas portugais et n'avons aucun contact sur place pour nous épauler à notre arrivée mais, nous avons une profonde envie de changer de vie et de couper avec le rythme effréné de la vie parisienne... Pour en revenir à Kairos Jobs, au départ j'imagine gérer ma petite entreprise en dehors du territoire français et ce, sans forcément intégrer un réseau/organisme qui pourrait me donner un coup de pouce dans le développement du projet. Autodidacte jusqu'au bout...

En octobre 2017, avec l'aide d'un ami les statuts de la société sont créés (SASU). Pour la création du site internet je fais appel à une agence web et je contracte un prêt de 15.000 Euros pour le développer. Tout ce qu'il ne faut pas faire selon certains experts : j'aurais dû me lancer en tant que micro-entrepreneur et lancer un site internet en mode « quick and dirty », traduisez « à l'arrache ». Mais les choses sont ainsi et chaque action mène à un enseignement...

En mai 2018, après 9 mois de travaux contre les 3 mois initialement prévus pour la construction du site internet, kairosjobs.fr est enfin en ligne. Depuis octobre 2017 je communique (en ligne et hors ligne) sur Kairos Jobs. Je contacte les sociétés via des campagnes emailing et pour aller au bout de ma démarche commerciale je sélectionne des prospects pour lesquels je personnalise au mieux mon approche. Je paie des campagnes de publicité sur Google pour améliorer la visibilité de Kairos Jobs. J'effectue régulièrement des allers-retours entre Lisbonne et Paris pour promouvoir Kairos Jobs. Je sors de ma timidité et de ma zone de confort comme jamais en démarchant des recruteurs lors de salons pour l'emploi et en présentant le concept sur la scène du Jamel Comedy Club. Je me donne à 200%. Je donne de mon temps et de mon argent mais rien n'y fait. Le concept plaît et à peu près 300 candidats sont inscris sur Kairos Jobs. Les entreprises sont quant à elles assez frileuses à l'idée de se lancer auprès d'un entrepreneur/concept qui sort de nulle part. Ce fameux réseau... J'entreprends alors des démarches pour intégrer des réseaux et incubateurs. Autodidacte jusqu'au bout mais pas fou...
À Lisbonne j'essaie d'intégrer un incubateur de start-ups mais ça ne marche pas. Je m'inscris à la Chambre de commerce Luso-Française et j'approche différents réseaux d'entrepreneurs français et étrangers sans grand succès. À Paris je participe à différents concours d'entrepreneuriats, toujours sans succès. Je me renseigne quant à l'intégration d'un réseau d'entrepreneurs sociaux (catégorie d'entrepreneurs dont je fais partie) mais pour y accéder il faut être parrainé or, je ne connais personne... Malgré tout je garde la foi et je parviens à récolter 2.061 Euros via une campagne Ulule pour m'épauler dans le paiement des charges de la société. On croit en moi et en Kairos Jobs et je me dois d'honorer cette confiance. Ne rien lâcher...

En parallèle, en août dernier ma famille et moi quittons le Portugal. Ce choix n'est pas évident à prendre, d'autant plus que notre fils est pleinement ancré dans la vie portugaise et qu'il y a constitué ses premiers souvenirs... Mais il faut rentrer en France. Le Portugal est un magnifique pays où il fait bon vivre cependant, les médias omettent de dire qu'avec le boom économique et touristique que connait le pays les prix ont flambé et ce, dans tous les domaines (du moins dans la région de Lisbonne pour parler de mon expérience). Immobilier, approvisionnement dans les grandes surfaces, restaurants, ameublement, équipement high tech, textile... tout y passe. Les prix sont aussi élevés voire plus élevés qu'en France et les salaires sont 2 fois plus bas. Plus le temps passe, plus nous réalisons que nous ne poserons pas définitivement nos valises au Portugal... d'autant plus que si je veux continuer à développer Kairos Jobs un retour en France s'impose, et il me reste un espoir : La French Tech Tremplin... (Pour rappel, lors de mon passage au Jamel Comedy Club dans le cadre d'un événement organisé par Schoolab (lire ici mon retour d'expérience), j'ai pu échanger avec Kat Borlongan (Directrice de La French Tech) sur le désir de La French Tech d'accompagner les entrepreneurs issus de milieux moins favorisés.)

Nous voilà donc de retour en France direction la Bretagne, près de Rennes, où nous sommes hébergés chez les parents de ma femme le temps de stabiliser notre situation. Ne souhaitant pas retourner vivre en région parisienne et le programme de la French Tech Tremplin étant accessible à Rennes, c'est tout naturellement que nous nous dirigeons vers la Bretagne. Accompagné de la lettre de recommandation rédigée par Schoolab, c'est plein d'optimisme que je postule à la promotion qui aura lieu à Rennes, mais c'était sans compter une énième descente de montagne russe. Le 7 octobre je reçois un mail m'informant que les promotions de Brest, Nantes et Rennes sont annulées faute de candidats... J'avais imaginé différents scénarios mais pas celui-là. Notre choix pour le retour en Bretagne avait été fait aussi par rapport à la possibilité pour moi d'intégrer le programme de la French Tech Tremplin et d'y développer Kairos Jobs sans passer par la case Paris... Je vous passe les remises en question quant à notre retour en France, notre installation en Bretagne, l'arrachement de notre fils à ses attaches portugaises, mon choix de me lancer et de continuer dans l'aventure Kairos Jobs... STOP ou ENCORE !? Kairos Jobs ou pas Kairos Jobs !? Allez encore un effort... La French Tech propose de transférer mon dossier de candidature à Paris et j'accepte. Si ma candidature est acceptée je passerai au moins 6 mois par la case Paris, chose que je souhaitais absolument éviter... Comme le disait Bruce Lee « Be water my friend ». Autrement dit, il faut savoir s'adapter comme l'eau qui prend la forme du récipient qui la contient.

À l'heure qu'il est, en ce mardi 22 octobre, je suis dans l'attente que ma candidature à La French Tech soit traitée et je devrais être fixé fin octobre/début novembre. En parallèle, pour gagner en expérience et améliorer mes finances personnelles et celles de Kairos Jobs, je collabore depuis peu en tant que Chargé de recrutement indépendant pour une agence d'intérim 100% digitale (gojob.com)...

Que va donner ma candidature à La French Tech Tremplin !? Que va donner ma collaboration avec Gojob !? Est-ce que nous allons rester en Bretagne !? Je n'en ai pas la moindre idée. Tout ce que je sais, c'est que j'ai confiance en la vie et que je vais continuer à me battre pour celles et ce(ux) que j'aime.

Guy Grosset

contact@kairosjobs.fr



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