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Retour D'Expérience Sur Ma Prise De Parole Au Jamel Comedy Club

Kairos Jobs - Schoolab - Jamel Comedy Club - Prise de parole en public

Photo©Schoolab

Comme la prise de parole en public est un sujet qui revient souvent ces derniers temps, je me suis dit qu'il serait intéressant de partager avec vous mon expérience sur la scène du Jamel Comedy Club...

Pour les personnes qui suivent Kairos Jobs depuis peu, le 27 février dernier, au Jamel Comedy Club, j'ai eu l'occasion de présenter Kairos Jobs à un jury composé entre autres de Kat Borlongan (Directrice Générale de La French Tech) et Moussa Camara (Président de l'association Les Déterminés). Pour accéder à l'article à ce sujet vous pouvez cliquer ici.

Si comme moi nous ne saviez pas ce que signifie la glossophobie, et bien j'ai le plaisir de vous annoncer que c'est le nom qui est donné à la peur de parler en public. Et sachez que nous sommes nombreux à être touchés par cette phobie. Il y a des chiffres qui circulent sur internet disant que près de 75% de la population (française/européenne/mondiale ?) souffrirait de cette angoisse. Selon le psychiatre et psychothérapeute Christophe André, « la peur d'être dévisagé et de prendre la parole en public est l'une des plus courantes, avec celle des serpents et celle du vide ».

Revenons-en au Jamel Comedy Club, ou plutôt à ma préparation à cet événement. Quand on m'a annoncé que je faisais partie des cinq heureux élus pour l'événement, en un dixième de secondes je suis passé de « super ça va être génial » à, « non mais attends là, va falloir parler devant 200 personnes »... Trop tard pour reculer, le processus est engagé et puis je n'ai pas envie de reculer, j'ai envie d'aller de l'avant...

Quand on m'a annoncé que je faisais partie des cinq heureux élus pour l'événement, en un dixième de secondes je suis passé de « super ça va être génial » à, « non mais attends là, va falloir parler devant 200 personnes »

Suite à cette annonce, s'en suivent 2 mois de coaching pendant lesquels des dizaines d'heures sont consacrées à la rédaction du texte de présentation, à l'expression scénique, à l'expression vocale et à l'expression des émotions. Trouver l'équilibre entre tous ces éléments, les exigences des coachs, les exigences des partenaires et nos propres exigences est le fruit d'un travail personnel et collectif intense, d'un travail de chaque instant. C'est dans ces moments là qu'on se rend compte de l'importance de bien être entouré. Nous formions une équipe soudée et nous allions tous dans la même direction.

Pour ma part, le plus gros travail à faire était sur ma façon de me mettre en avant. De nature plutôt discrète, j'ai tendance à mettre les autres en avant et à rester dans l'ombre, à l'instar d'un N'Golo Kanté pour ceux qui aiment le foot. Il faut également avouer que, consciemment ou inconsciemment, j'associais le fait de me mettre en avant à de la vanité alors que c'est complètement faux. Il suffit juste de trouver le bon équilibre... Autre élément à gérer, l'émotivité. Ayant tellement envie de rendre justice aux profils atypiques, dont je fais partie, quelques larmes sont apparues durant les séances de préparation... Hors de question que je fasse le timide et que je tombe en larmes le jour J, ça ne fait pas partie du plan... Pour cela il fallait que je me bouge les fesses. Relaxation, méditation, sport, échange permanent avec mes coachs, séance de coaching privé achetée par mes soins, entrainement en pleine forêt sur le fameux discours de Martin Luther King (« I have a dream »)... Le 16 février, soit environ 10 jours avant l'événement, je me paie un billet pour assister à un spectacle au Jamel Comedy Club. Objectif : me familiariser avec les lieux... tout ce qui peut servir ma cause y passe... Ah oui, j'allais oublier. Le choix du discours de Martin Luther King n'est pas anodin. C'est un texte puissant et engageant qui a à coeur de réparer les injustices : le parfait allié...

Hors de question que je fasse le timide et que je tombe en larmes le jour J, ça ne fait pas partie du plan

Le jour J, le rendez-vous devant le Jamel Comedy Club est à 18h soit 1h30 avant le début du spectacle. La journée est longue, très longue, le temps ne passe pas. Je médite, je vais faire du sport, je médite, je déjeune, je me prépare, je tourne en rond et à 16h direction Paris. Nous sommes en plein hiver, le 27 février, et pourtant on se croirait au printemps, au mois de mai. Il fait 20°C. Le ciel est d'un bleu éclatant et le soleil est resplendissant. Les terrasses des cafés parisiens sont bondées, il y a de l'animation. On entend presque les oiseaux chanter et les parisiens semblent être heureux de vivre (comme quoi tout peut arriver)... J'arrive au théâtre à 17h40 et j'aperçois Philippe, un des coachs, qui, seul, boit un café dans le bistro qui se trouve de l'autre côté du boulevard. Je le laisse profiter de cet instant de quiétude... 18h tout le monde arrive progressivement pour les préparatifs. Ça y est, l'instant de vérité est pour bientôt. Je rentre dans la salle de spectacle qui à ce moment là est vide mais ô combien pleine d'énergie positive. C'est calme, mais les souvenirs des moments passés à regarder le Jamel Comedy Club à la télé ressurgissent et remplissent ma tête d'acclamations et d'applaudissements. Tout à l'heure ça sera moi qui serai applaudi, enfin si tout se passe bien... Pascal, un des coachs, nous emmène mes camarades et moi dans la loge située au-dessus de la salle de spectacle histoire de se mettre en conditions et de faire le vide dans nos têtes. Bonne idée Pascal, un peu de relaxation pour faire baisser le rythme cardiaque ne pourra que me (nous) faire du bien... Après ces 40 minutes d'apaisement mental je suis prêt. J'ai hâte d'en découdre. Pendant 30 secondes je suis gonflé à bloc... jusqu'au moment où je rentre à nouveau dans la salle de spectacle et que je m'aperçois qu'elle est pleine à craquer. 200 personnes. C'est le moment où je me dis « qu'est-ce je fais là !? ». Cette fameuse phrase qu'on se pose quand on fait une séance de sport, par exemple, et qu'on est dans le dur. On souffre, on dépasse nos limites, on a envie d'arrêter mais on continue parce qu'au fond de nous on sait que c'est pour notre bien...

La salle du Jamel Comedy Club est configurée de telle façon que l'entrée des « artistes » se fait par l'arrière de la salle en traversant le public. Avec mes quatre camarades entrepreneurs nous sommes assis au fond de la salle parmi les spectateurs (côté droit quand on est face à la scène). Je dois avouer que c'est un concept très intéressant. Ça permet de ressentir l'énergie de la salle, d'être au plus près du feu de l'action... Nous sommes 5 à passer sur scène et je serai le quatrième à intervenir. Pas le premier, pas le dernier. Ça me va. La veille on avait effectué un tirage au sort... Entre le début du spectacle et mon intervention 48 minutes s'écoulent. 48 longues minutes qui laissent tout le temps à mon mental de me jouer des tours. Dans ma tête c'est le Parc Astérix. Des montagnes russes en veux-tu en voilà ! Un coup je suis confiant, un coup j'ai peur... un coup je me sens comme Superman, un coup je me sens comme Calimero... un coup je suis aussi zen que le Dalaï-Lama, un coup je suis aussi paniqué que le facteur qui se fait agresser par Jacquouille la Fripouille et Godefroy de Montmirail...

Entre le début du spectacle et mon intervention 48 minutes s'écoulent. 48 longues minutes qui laissent tout le temps à mon mental de me jouer des tours

Maud et Julien, qui chapotent l'événement, prennent la parole et rappellent l'utilité et l'enjeu de la soirée : décloisonner l'écosystème start-up et le rendre accessible à tous. La soirée est lancée... Eunice, très grande oratrice, prend le relai avec éloquence et élégance en nous invitant à réfléchir sur le sens que chacun souhaite donner à sa vie : « Sommes-nous entrepreneurs de notre vie ? » Puis vient le tour d'Abdelaali qui est le premier entrepreneur à se lancer. Il assure. Aminata est la deuxième à passer. Elle gère. Samer est le troisième à intervenir. Il fait le job. La pression monte. Je sens les battements de mon coeur retentir dans tout mon corps. Plus qu'une poignée de secondes et c'est à moi de jouer...

Étienne, qui fait partie des coachs et de l'organisation, dirige son regard vers moi et me demande de me lever pour le rejoindre. Les dés sont jetés. Je prends mes responsabilités... Avant de me lancer sur scène, Étienne me dit « Tiens, voici le micro et surtout n'oublie pas de me le rapporter ». Je t'adore Étienne mais je vais déjà essayer de ne pas oublier mon texte... Mon tour vient. Eddy, le maître de cérémonie, m'introduit auprès du public et sans le vouloir il dévoile une grande partie de l'histoire que je vais raconter. C'est raté pour l'effet de surprise, mais là n'est pas le plus important. Par la beauté de son texte et par l'énergie qu'il dégage, Eddy me met dans d'excellentes conditions. Quand il prononce mon prénom avant de monter sur scène, il me transmet le flambeau, il me dit « tu vas tout déchirer, à toi de jouer mon gars »...
Vous vous souvenez qu'à l'instant je vous parlais d'un effet de surprise « gâché ». En réalité il n'en était rien. C'était tout le contraire. Sans s'en rendre compte, Eddy m'a rendu en grand service. Il m'a fait un cadeau. Grâce à ce concours de circonstances, dès mon entrée sur scène j'ai pu faire une blague sur le fait qu'Eddy ait « spoilé » mon intervention. Le public a été réceptif à ma blague et ça m'a permis de me détendre et de redescendre en pression. Merci infiniment Eddy ! S'en sont alors suivies 8 minutes de pur bonheur. Le public était réceptif. Il m'écoutait, il était attentif. En fonction des moments, sa réaction était appropriée à l'émotion que je souhaitais transmettre. J'ai réussi à capter son attention, à l'embarquer dans le récit de ma vie. Malgré une certaine tension intérieure j'étais heureux d'être là, présent sur la scène et assumant mes responsabilités. Je me sentais à ma place. C'était magique...
À la fin de mon intervention, quand je descends de la scène, je croise le regard de Serge et Stéphane, deux des coachs, et je ressens de la joie et de la fierté dans leurs yeux. Mission accomplie... Au passage je n'oublie pas Étienne et je lui remets son cher micro... Je reprends place sur ma chaise des étoiles plein les yeux. C'est maintenant au tour de Niakalé de présenter son projet et elle s'en sort avec brio...

À la fin de mon intervention, quand je descends de la scène, je croise le regard de Serge et Stéphane, deux des coachs, et je ressens de la joie et de la fierté dans leurs yeux. Mission accomplie...

Tout s'est bien passé. Quel soulagement ! Si cette expérience a été extraordinaire, elle a aussi été très éprouvante. Cela m'a demandé énormément de ressources physiques et mentales. J'ai dû puiser au plus profond de moi. À chaque fois que je sortais d'un atelier de préparation j'étais vidé. Je n'avais plus d'énergie. J'avais les yeux gonflés de fatigue. Mais je savais que le jeu en valait la chandelle...

Au-delà de l'aspect professionnel, j'ai appris énormément sur moi. En montant sur scène devant 200 personnes je suis sorti de ma zone de confort, et pas qu'un peu... Ma prestation n'était pas parfaite mais pour une première c'était plutôt pas mal. Je suis content de moi...
S'exprimer en public peut faire peur mais tout est question de préparation et de confiance. Confiance en soi, confiance en les personnes qui nous entourent et confiance en la vie. Tous les grands orateurs que nous admirons ont des heures de travail, de remise en question et d'analyse derrière eux. Ils sont certes bien entourés mais ils s'impliquent à 200% dans leur préparation afin d'arriver au niveau d'excellence et de facilité qu'on leur reconnaît.

Nous avons tous le pouvoir de réussir nos prises de paroles en public, et ce, quelles qu'elles soient. Bien souvent, l'obstacle à une prise de parole réussie ne vient pas des autres mais de nous-même. C'est en étant plus juste et plus indulgent avec nous-même et en nous libérant du regard des autres que nos prises de paroles en public seront des succès...


Retrouvez mon intervention filmée en cliquant sur le lien suivant : https://youtu.be/GxtOUM4m0CY

Guy Grosset

contact@kairosjobs.fr



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